
REJOUISSANCES D’APRES-GUERRE
« A tous ceux
qui », de Noëlle Renaude, est un hymne à la vie. Ce beau spectacle nous est
servi avec humour, tendresse et panache par la compagnie Nagananda, à laquelle
il a valu prix Paris Jeunes Talents 2006.
REACTIONS DU PUBLIC
« Une mise en scène joyeuse qui
traduit bien cette joie de vivre de cette génération… »
Geneviève, fille d’un survivant de la SGM
La
guerre est terminée. D’aucuns y ont perdu un bras, d’autres un frère ou un
cousin. Certains s’en sont accommodés, voire en ont profité. Liés par quelque
lien de famille, les Oscur, les Blanchet, les Gloriette, les Faitard, les Gloton,
des grands-parents aux petits enfants, en passant par les cousins et les
neveux, tous se retrouvent à la campagne au cours d’un grand repas. L’occasion
pour chacun de se présenter à nous, de nous conter son histoire personnelle, de
nous dire sa joie d’être en vie ou de nous confier ses peines. L’occasion
également, pour certains, de régler leurs comptes.
Au
total, ce sont trente-six personnages qui prendront vie devant nous dans une
ambiance festive et champêtre. Quelques intermèdes musicaux réalisés par un
pianiste et un batteur viennent ponctuer ces récits, donnant à cette réunion de
famille un air de guinguette où l’on danse et porte un toast à la vie, à tous
ceux et celles qui ont perdu la leur durant la Seconde Guerre Mondiale, à tous
ceux et celles qui y ont survécu…
Le
talent n’a pas d’âge
La
mise en scène joyeuse de Cécile Fraisse, à qui l’auteur a entièrement fait
confiance pour donner vie à ces récits, déborde de cette ingéniosité qui permet
aux six comédiens de remplir la scène nue. Associant une gestuelle bien étudiée
à une élocution claire, chacun d’eux endosse à tour de rôle la vie de
personnages d’âges très variables, de la petite Bernadette Blanchet de 4 ans au
centenaire Abel Gloriette.
S’adressant au public, dans une sorte d’aparté, chacun se présente, se confie,
se livre pendant que les autres continuent de danser, de manger ou de boire.
Tous glissent d’un rôle à un autre avec une incroyable aisance. Marine Duséhu
notamment, qui passe de la petite fille espiègle à la vielle femme aigrie, est
déconcertante, tant à chaque fois elle est juste. Judith Margolin et Antoine
Cegarra, pour ne citer qu’eux, savent également nous émouvoir et nous
faire sourire. C’est donc une création riche en couleurs que nous propose cette
jeune et talentueuse compagnie recommandée à tous ceux qui… aime le théâtre et
la vie tout simplement.
Idrissa
SIBAILLY